Confronté à la possibilité historique de perdre le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, le président Donald Trump multiplie les initiatives sans précédent pour influencer le déroulement du scrutin. Craignant qu’un Congrès contrôlé par les démocrates puisse enquêter sur son administration et bloquer son agenda, Trump utilise tous les leviers du pouvoir exécutif pour tenter de modifier les règles électorales.
Sur le plan des mécanismes de vote, l’administration Trump mène une offensive agressive contre le vote par correspondance. En août 2025, le président a menacé d’émettre un décret exécutif pour interdire cette pratique utilisée par des dizaines de millions d’Américains.
Il appelle également à l’élimination des machines à voter électroniques au profit du papier avec filigrane, bien que ces mesures nécessitent l’accord du Congrès.
Le département de la Justice a été réorienté de façon radicale. La division des droits civils se concentre désormais sur le nettoyage des listes électorales. En août 2025, le département a demandé des informations sur les électeurs inscrits auprès d’au moins dix-neuf États.
Plusieurs secrétaires d’État, dont Shenna Bellows du Maine, ont rejeté ces demandes. Un juge a récemment statué que cet effort constituait une mauvaise application du Civil Rights Act.
Les tentatives d’ingérence directe se multiplient. Le FBI a effectué une descente dans un centre électoral du comté de Fulton en Géorgie, saisissant bulletins et documents sous prétexte d’enquêter sur la défaite de Trump en 2020. Le président a personnellement téléphoné aux agents du FBI pour les féliciter, et la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard était présente lors de l’opération.
Trump suggère même ouvertement l’annulation ou la nationalisation des élections. En janvier 2026, il a déclaré que les républicains devraient “prendre le contrôle du vote” dans au moins quinze États pour “nationaliser” les élections de mi-mandat. Lors d’un entretien avec Reuters, il a affirmé que compte tenu de ses accomplissements, “nous ne devrions même pas avoir d’élection”.
Bien que sa porte-parole prétende qu’il plaisantait, ces déclarations répétées créent une atmosphère d’incertitude démocratique.
Le redécoupage électoral constitue une autre stratégie majeure. Trump a mobilisé son parti pour redessiner les cartes du Congrès afin de créer davantage de circonscriptions favorables aux républicains. Le Texas a gagné cinq sièges grâce à un nouveau découpage, tandis que le Missouri et la Caroline du Nord ont modifié leurs cartes en milieu de décennie pour avantager les républicains.
Le contexte politique amplifie l’urgence de ces manœuvres. Les républicains ne contrôlent la Chambre que par une marge de 218 à 214 sièges, et quarante-quatre représentants sortants ne sollicitent pas de réélection, dont vingt-cinq républicains.
Un sondage Fox News de janvier 2026 montre que cinquante-deux pour cent des électeurs soutiendraient le candidat démocrate dans leur circonscription. Les performances économiques médiocres aggravent la situation : soixante-trois pour cent des Américains estiment que le pays va dans la mauvaise direction, et seulement trente-huit pour cent approuvent la gestion de Trump.
Les responsables électoraux des États se préparent à résister. Le secrétaire d’État de l’Arizona, Adrian Fontes, a révélé que son bureau élabore des scénarios pour protéger la démocratie, incluant des recours judiciaires. Cette situation sans précédent où des États doivent planifier contre les ingérences fédérales témoigne de la fragilité démocratique actuelle.
Malgré ces pressions, la loi reste claire : Trump ne peut annuler les élections. Le calendrier électoral est fixé par le Congrès, et l’administration des élections relève de la compétence des États. Néanmoins, les tentatives répétées de Trump pour modifier les règles du jeu, combinées à sa rhétorique alarmiste, créent un climat d’incertitude qui pourrait miner la confiance du public dans les résultats.